La Chine affirme avoir acheté 40 tonnes d’or depuis le début de 2026. Or, une estimation de Goldman Sachs suggère toutefois que Pékin pourrait accumuler le métal jaune beaucoup plus rapidement qu’annoncé, dans une période marquée par une multiplication des conflits et des tensions autour de Taïwan.
Goldman Sachs estime que les achats chinois dépassent largement les déclarations officielles
Au mois de juin, la Banque populaire de Chine (PBoC) a déclaré avoir ajouté 15 tonnes d’or à ses réserves, soit son acquisition d’or mensuelle la plus importante depuis le mois d’octobre 2023.
Au cours des 20 derniers mois, Pékin a ainsi acheté 82 tonnes d’or, dont 40 tonnes seulement en 2026 et 15 tonnes au moins de juin.

Ces chiffres sont impressionnants mais encore loin des records d’achat de 2022 et 2023, où les achats mensuels dépassaient les 25 tonnes. Ainsi, la PBoC serait désormais en possession de 2 346 tonnes d’or, soit près de 8 % des réserves de change totales.
Cependant, dans une note destinée à ses clients, Goldman Sachs estime que Pékin aurait acquis plus de 48 tonnes sur le marché de gré à gré londonien pour le seul mois de mai, au lieu des 10 tonnes déclarées officiellement.
Le total des avoirs chinois pourrait alors largement être sous-estimé. Si la PBoC cachait la moitié de ces achats d’or, alors celle-ci aurait pu acheter non pas 40, mais 80 tonnes depuis le début de l’année, voire même détenir non pas 2 346 tonnes, mais 4 692 tonnes d’or au total.
Le total des avoirs chinois pourrait donc être largement sous-estimé. Si la PBoC n’avait déclaré que la moitié de ses achats d’or, elle aurait pu acquérir non pas 40, mais 80 tonnes depuis le début de l’année, et détenir au total bien davantage que les 2 346 tonnes officiellement annoncées.
Une réserve de guerre avant une possible escalade autour de Taïwan ?
Cette accumulation d’or intervient alors que la Russie reste bloquée dans la guerre en Ukraine et que les États-Unis poursuivent leurs opérations militaires contre l’Iran.
Dans le même temps, la Chine maintient une pression régulière autour de Taïwan, avec des avions et des navires militaires traversant encore récemment la ligne médiane du détroit.
À ce stade, rien ne permet d’affirmer que Pékin prépare une intervention militaire, mais si la Chine anticipait une escalade autour de Taïwan, l’or constituerait une protection logique contre d’éventuelles sanctions occidentales ou complications financières.
Contrairement à des obligations ou à des devises détenues à l’étranger, du métal conservé sous contrôle chinois ne peut pas être aussi facilement immobilisé. Le précédent des réserves russes gelées après l’invasion de l’Ukraine a montré à Pékin le risque que représente une dépendance excessive au système financier occidental.
Et si Pékin accumulait également du Bitcoin ?
Pour le moment, aucun élément public ne permet d’affirmer que la Banque populaire de Chine possède ou achète des Bitcoins. Nous savons seulement que grâce à des saisies judiciaires, Pékin a été en possession par le passé de près de 200 000 BTC, soit plus de 13 milliards de dollars au prix actuel.
Cependant, le précédent iranien montre que le Bitcoin peut constituer un instrument financier utile pour un État sous sanctions, notamment en cas de conflit mondial entre la Chine et les États-Unis.
De plus, la Chine serait particulièrement bien placée pour en accumuler discrètement, malgré l’interdiction officielle du minage, le pays abriterait, selon les estimations, entre 10 et 20 % du hashrate mondial.
Source : cryptoast.fr


Laisser un commentaire